La question d’Aleph א

Quand Aleph א se sent seul (ce qui lui arrive parfois), aussitôt pressent-il le besoin du multiple.
Mais le corps n’est-il pas un, et indivisible ?

ET ALEPH N’EST-IL PAS LE CORPS, LE CORPS TOUT ENTIER ?

Si Aleph se le permettait, il écrirait bien cette question en lettres de feu, mais cela supposerait qu’il y ait d’autres lettres, pour pouvoir écrire la question.

Or Aleph est seul avec lui-même!

La seule chose qui lui semble permise, c’est de s’écrire lui-même en boucle, un certain nombre de fois : Aleph, Aleph, Alep, Ale, AL, A !

Et encore, Aleph doute-t-il de cette possibilité : s’il est le corps, un et indivisible, est-ce qu’il ne lui est pas interdit de se multiplier, même si c’est encore avec lui-même ?
S’il devient deux, trois ou plus, alors il n’est plus Un, mais déjà multiple (bien que la question se pose : être multiple de soi-même, est-ce vraiment être multiple ?)

Alors Aleph a le bourdon, le bourdon de Beith ב, par qui tout a commencé.

Et c’est là que les choses deviennent vraiment compliquées. Presque à perdre la raison.
Énonçons le problème :

– Le Deux suit le Un, mais c’est par le Deux que le Monde a été créé, car du Un, unique et indivisible, rien ne peut suivre.
– C’est donc par Beith que le monde est créé.
– Toutefois, chacun sait (qui sait compter) que le Un précède le Deux, et par conséquent qu’Aleph précède Beith dans l’Alphabet (pardon l’Aleph-Beith), ce que chacun sait (qui sait lire).

La question, brûlante, est donc : COMMENT PASSER DU UN AU DEUX, De l’Aleph au Beith ?

Aleph est alors bien ennuyé, pour autant que la possibilité d’un ennui lui soit offerte.

Le vrai problème, c’est qu’il prend toute la place : le corps un et indivisible sature l’espace, de lui-même et avec lui-même.

Il n’y a donc plus qu’une seule solution, évidente : faire de la place – du vide – en lui-même, afin de laisser une potentialité au multiple d’advenir.
Ce vide, n’est-ce donc pas le zéro ?
Une possibilité de réponse à la question d’Aleph s’entrouvre alors :

POUR PASSER DU UN AU DEUX, IL FAUT FAIRE UN DÉTOUR PAR LE ZÉRO.

Pourtant, chacun sait (qui a appris à compter) que le Zéro précède le Un, qui précède le Deux ?

On dirait que le mystère s’épaissit encore, et qu’Aleph doive rester longtemps encore avec sa question, en suspension …

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