Sortie du monde Atsilout

Au sortir du monde Atsilout, je contemple :
Energie blanche, immaculée
Et trois prismes, séparant la lumière

Fontaines étincelantes dans l’Espace noir du ciel
Puis soudain l’Arc-en-ciel !
Scindant l’Indéfini en couleurs magistrales

Le temps au demeurant

On s’était dit: « du passé faisons table rase »
« Reprenons à zéro et vidons là nos sacs »
Et j’ai vidé le mien et me suis trouvé nu

Désemparé, désespéré de mon passé perdu
Anne, ma sœur Anne, n’y a-t-il rien à l’horizon ?
Seulement le vide pour compagnon.

Appel d’Être

Au magasin, je demande un peu d’Être
On me répond :
« nous n’avons plus que de l’Avoir, et de Faire quelque peu »
Je m’étonne : « pourtant j’avais un avoir d’Être ! »

Appel d’être


Mais la vendeuse me répond avec son sourire charmeur :
« Mon pauvre monsieur, votre avoir d’Être ne vaudra bientôt plus tripette ! De l’Être, on n’en trouve plus : il faudra bien s’y faire »
Alors je ris à mon tour: « si Faire il y a, donnez m’en donc un peu… »

Trait d’Union

De l’Union comme de l’humour,
Je ne connais que le trait
fugace et versatile
Qui nous sépare autant qu’il nous unit
et qui préserve, à Dieu plaît-il
De la fusion féroce
De l’ultime rigueur.

Jérôme Bosch: « Le jugement dernier » (extrait)

Ciels noirs

Tu m’as dit :
« Voguons vers les ciels noirs »
« Les ciels de la colère où le vent est roi. »

Ciels noirs

J’ai répondu :
« Mon amour, ma beauté, toi qui es Reine en ma demeure »
« Mais nous y sommes déjà ! »

Esprit poli

J’ai suivi les instructions:

Au réel rugueux j’ai poli mon esprit,
Puis je me suis lavé dans l’onde claire.
Patiemment, j’ai attendu.

Réel rugueux

La nuit nous a couvert de ses cheveux de jais.
Dans l’angle mort, suspendue à son fil
L’araignée se tenait coite.

Au matin, je me suis éveillé et j’ai vu:
La splendeur irradiante venue des monts lointains
La douceur du jardin, la clameur de la ville.

Et le souffle ténu qui me dit: VIS !

Mère et Enfant

Quand à la mer est allé l’enfant
Une main à sa mère il a donné.
Mais les mains sont ainsi faites
Qu’attachées ne peuvent point rester
Indéfiniment.

Mère et enfant

Or l’enfant, la main de sa mère enfin lâchée,
Vers les dunes s’est dirigé.
Belles dunes de sable doré qui toutes se ressemblaient.
Plus de mère maintenant: Maman est perdue à jamais!
Nouvelle mère retrouverai-je ?
Quant à la mère, désormais seule au bord de la mer…