Attachons nous à la pierre (ici réside le Royaume מלכות)

Attachons nous à la pierre

Et suivons le chemin aride.

Montons dans la caillasse

Qui blesse nos pieds et  nos mains.

Blessés aussi nos yeux par la dureté minérale qui émane de l’Espace.

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Marche silencieuse dans le désert du Néguev

Oublions aussi l’humidité qui console et la douceur des prés,

la quiétude du soir qui tombe et la douce lumière du soleil couchant sur les blés ondoyants.

Au loin toutefois: quelques tâches de verdure témoignent de la possibilité d’un renouveau.

SEPHIRA-MALKHOUT
Séphira Malkhout (le Royaume)  calligraphiée par Frank Lalou

 

Alcôves maritimes

Dans les alcôves maritimes
Nos fiancées se languissent.

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Serons-nous bientôt des hommes
Aimants à leurs côtés ?
Ou des mutants à genoux
Implorant sans espoir la manne matérialiste
Qui jamais n’étanchera nos soifs d’absolu.

 

Comme en temps de paix

T’en souviens-tu, mon amour

Comme nous étions en temps de paix ?

Ta tête simplement penchée sur mon épaule

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Arbre et Soleil (dessein naïf de גל)

Nous contemplions rêveurs les tourbillons nacrés

Qui toujours naissent et meurent de la surface des torrents puissants.

« Nous sommes en paix, ici et maintenant » m’avais-tu dit.

Mon sourire acquiesçait.

 

La langue de ma muse

Depuis longtemps déjà,

ma muse s’amuse à me susurrer des mots d’amour

dans sa langue que je ne comprends guère.

Aveugle et sourd en mon royaume,

Je hume pourtant la vie qui sourd de terre

Résurgence têtue, impassible aux tourments

de la surface agitée des êtres en mouvement.

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             Surface agitée des êtres en mouvement (crédit photo: Frank Lalou)

Souffle ה dans le jardin d’Eden

Dans le jardin d’Eden
Ton souffle ה sur le miroir
d’une légère buée colora
Nos reflets entrevus à peine

Arbre_jardin_eden

Où le serpent s’était-il caché ?
Auprès de l’Arbre était-il lové ?
Mon Amour, ma promise, je t’ai vue nue
De nous qu’est-il advenu ?

La question d’Aleph א

Quand Aleph א se sent seul (ce qui lui arrive parfois), aussitôt pressent-il le besoin du multiple.
Mais le corps n’est-il pas un, et indivisible ?

ET ALEPH N’EST-IL PAS LE CORPS, LE CORPS TOUT ENTIER ?

Si Aleph se le permettait, il écrirait bien cette question en lettres de feu, mais cela supposerait qu’il y ait d’autres lettres, pour pouvoir écrire la question.

Or Aleph est seul avec lui-même!

La seule chose qui lui semble permise, c’est de s’écrire lui-même en boucle, un certain nombre de fois : Aleph, Aleph, Alep, Ale, AL, A !

Et encore, Aleph doute-t-il de cette possibilité : s’il est le corps, un et indivisible, est-ce qu’il ne lui est pas interdit de se multiplier, même si c’est encore avec lui-même ?
S’il devient deux, trois ou plus, alors il n’est plus Un, mais déjà multiple (bien que la question se pose : être multiple de soi-même, est-ce vraiment être multiple ?)

Alors Aleph a le bourdon, le bourdon de Beith ב, par qui tout a commencé.

Et c’est là que les choses deviennent vraiment compliquées. Presque à perdre la raison.
Énonçons le problème :

– Le Deux suit le Un, mais c’est par le Deux que le Monde a été créé, car du Un, unique et indivisible, rien ne peut suivre.
– C’est donc par Beith que le monde est créé.
– Toutefois, chacun sait (qui sait compter) que le Un précède le Deux, et par conséquent qu’Aleph précède Beith dans l’Alphabet (pardon l’Aleph-Beith), ce que chacun sait (qui sait lire).

La question, brûlante, est donc : COMMENT PASSER DU UN AU DEUX, De l’Aleph au Beith ?

Aleph est alors bien ennuyé, pour autant que la possibilité d’un ennui lui soit offerte.

Le vrai problème, c’est qu’il prend toute la place : le corps un et indivisible sature l’espace, de lui-même et avec lui-même.

Il n’y a donc plus qu’une seule solution, évidente : faire de la place – du vide – en lui-même, afin de laisser une potentialité au multiple d’advenir.
Ce vide, n’est-ce donc pas le zéro ?
Une possibilité de réponse à la question d’Aleph s’entrouvre alors :

POUR PASSER DU UN AU DEUX, IL FAUT FAIRE UN DÉTOUR PAR LE ZÉRO.

Pourtant, chacun sait (qui a appris à compter) que le Zéro précède le Un, qui précède le Deux ?

On dirait que le mystère s’épaissit encore, et qu’Aleph doive rester longtemps encore avec sa question, en suspension …

Claire est pure

 

Claire est pure comme l’eau

Du moins c’est ce qu’elle en dit, de l’eau comme de Claire.

Rivière et rochers

Les intentions de Claire sont pures, à défaut d’être simples:

Claire voudrait mettre le cap à l’Ouest, là où les rêves sont plus brillants

Mais entre Claire et l’Ouest il y a l’océan, terrifiant!

Le regard de Claire, si clair, se porte alors vers l’Est, où paraît-il se lève le soleil.

En suivant Claire qui glisse vers l’Orient

Le soleil glisse aussi, imperceptiblement.

Le Nord sera trop froid, et le Sud si chaud!

Claire la pure au regard clair, pourras-tu un jour poser tes bagages ?

Et dire une fois pour toutes: ici et maintenant est chez moi!